Jean-Claude Debon

Artiste-Gribouilleur

J’ai soif.
Comme onze milliards d’êtres humains…

Debon 051211. Décembre 2011. Acrylique noire, encre de Chine blanche, pinceau, plume et frottage.
Deux solutions s’offraient à moi. Soit je parvenais à projeter telépathiquement une pulsion suicidaire sur la “chose”, soit je l’affrontais à mains nues. 
Je n’hésitais pas une seconde et me dépêchait d’avaler trois capsules d’énergie mentale…
Il me faudrait par la suite pénétrer à l’intérieur de la plaie béante, mais ça, je préférais ne pas trop y penser…

Debon 051211. Décembre 2011. Acrylique noire, encre de Chine blanche, pinceau, plume et frottage.

Deux solutions s’offraient à moi. Soit je parvenais à projeter telépathiquement une pulsion suicidaire sur la “chose”, soit je l’affrontais à mains nues. 

Je n’hésitais pas une seconde et me dépêchait d’avaler trois capsules d’énergie mentale…

Il me faudrait par la suite pénétrer à l’intérieur de la plaie béante, mais ça, je préférais ne pas trop y penser…

Les couleurs du papier peint changent sur mon passage…

Debon 230112. Janvier 2012. Acrylique noire, encre de Chine blanche, pinceau, plume et frottage.
Parfois, quand je scrute l’horizon, j’aperçois des dos sombres et luisants qui affleurent à la surface, par groupe de deux ou trois. Rien de ce que je connais, ni dauphin, ni requin, ni autre gros poisson… C’est noir, silencieux et ça fend l’eau, sans écume…

Debon 230112. Janvier 2012. Acrylique noire, encre de Chine blanche, pinceau, plume et frottage.

Parfois, quand je scrute l’horizon, j’aperçois des dos sombres et luisants qui affleurent à la surface, par groupe de deux ou trois. Rien de ce que je connais, ni dauphin, ni requin, ni autre gros poisson… C’est noir, silencieux et ça fend l’eau, sans écume…

Comment aspirer à la moindre grandeur d’âme, quand on vient de se torcher le cul ?

Debon 021111. Novembre 2011. Acrylique noire, encre de Chine blanche, pinceau, plume et frottage.
Un bouton.
Ca a commencé par un gros bouton. Près de mon nombril. 
Rien de grave, une piqûre de gros insecte, sans doute.
Quand il double de volume en une semaine, je m’inquiète. 
Et une nuit, le bruit me réveille. Comme un battement de cœur, sourd mais parfaitement audible, provenant… de mon ventre ! 
Du bouton précisément.
Aujourd’hui, ça a la taille d’un poing. C’est fermement relié à mon estomac et n’est pas douloureux. Je passe des heures, assis dans mon fauteuil, à l’examiner. Je n’ai pas encore osé le toucher. Quand j’approche enfin ma main, est-ce la fatigue ou vois-je vraiment bouger «quelque chose» sous la peau ?
Ce matin, ça peut se comparer en volume à un des plus gros potirons de mon jardin, que je n’entretiens plus depuis un mois. Assis dans mon fauteuil, ça repose sur mes cuisses. Lors de mes rares déplacements dans la maison, je l’installe dans un grand sac sanglé autour du cou. C’est très lourd et me fait pencher douloureusement vers l’avant.
Quatre mois plus tard, je me félicite d’être allé, encore valide, chercher ma brouette dans le garage. La «chose», de la taille d’un mouton tondu, sans pattes, y repose désormais… toujours reliée à mon abdomen. Un transit régulier anime en surface la peau de mon estomac vers cette excroissance monstrueuse.
Je bénis le faible encombrement mobilier des pièces de ma maison, qui me permet de me déplacer, moi et ma brouette, pour me nourrir. Je devrais dire «nous» nourrir, tant mon appétit me semble disproportionné. Je maudis, par contre, le grand miroir du salon qui m’arrache un cri d’horreur, lorsque j’aperçois l’indicible et inhumain attelage qui s’y reflète…
Il semble, cinq mois après, que la «chose» se soit stabilisé en taille et en poids. Le battement de cœur, lui, redouble d’intensité et emplit la pièce de sa lente pulsation. J’ai brisé le miroir d’un adroit lancer de tisonnier. Ma raison ne supportait plus le moindre reflet de ma déchéance.
Sixième mois. Je ne me l’explique pas, j’ai perdu l’usage de la parole… Quelle importance ? Mon téléphone ne marche plus depuis des années et le voisin le plus proche est à une centaine de kilomètres… Je ne bouge presque plus de mon fauteuil-brouette…
Septième mois. «Nous» avons épuisé mes réserves de nourriture. Je trie les reliefs de repas précédents, au milieu de mes excréments, près de la cheminée froide. Au bout de trois jours, cela ne suffit plus, «nous» avons faim. 
Je prends la décision de sortir…

Me voilà, sur la route déserte de cette campagne, que j’ai soigneusement choisie pour son isolement total, poussant devant moi une brouette J’en ai dissimulé le «chargement» avec une toile cirée, grossièrement attachée au dessus de ma taille. 
Je ne sais où aller…
Au bout de trois heures de marche épuisante, rythmée par les battements de «cœur» de mon «passager», il me semble entendre quelque chose, un couinement, plus loin sur la route. J’ai pris la précaution d’emporter le tisonnier et le place à portée de main devant moi. Puis, j’avance vers le bruit… 
Quand je vois enfin ce qui le produit, mon sang se glace…
Dans le contre-jour du soleil couchant, un homme courbé en avant, vient à ma rencontre…
Il semble pousser quelque chose devant lui…

Debon 021111. Novembre 2011. Acrylique noire, encre de Chine blanche, pinceau, plume et frottage.

Un bouton.

Ca a commencé par un gros bouton. Près de mon nombril. 

Rien de grave, une piqûre de gros insecte, sans doute.

Quand il double de volume en une semaine, je m’inquiète. 

Et une nuit, le bruit me réveille. Comme un battement de cœur, sourd mais parfaitement audible, provenant… de mon ventre ! 

Du bouton précisément.

Aujourd’hui, ça a la taille d’un poing. C’est fermement relié à mon estomac et n’est pas douloureux. Je passe des heures, assis dans mon fauteuil, à l’examiner. Je n’ai pas encore osé le toucher. Quand j’approche enfin ma main, est-ce la fatigue ou vois-je vraiment bouger «quelque chose» sous la peau ?

Ce matin, ça peut se comparer en volume à un des plus gros potirons de mon jardin, que je n’entretiens plus depuis un mois. Assis dans mon fauteuil, ça repose sur mes cuisses. Lors de mes rares déplacements dans la maison, je l’installe dans un grand sac sanglé autour du cou. C’est très lourd et me fait pencher douloureusement vers l’avant.

Quatre mois plus tard, je me félicite d’être allé, encore valide, chercher ma brouette dans le garage. La «chose», de la taille d’un mouton tondu, sans pattes, y repose désormais… toujours reliée à mon abdomen. Un transit régulier anime en surface la peau de mon estomac vers cette excroissance monstrueuse.

Je bénis le faible encombrement mobilier des pièces de ma maison, qui me permet de me déplacer, moi et ma brouette, pour me nourrir. Je devrais dire «nous» nourrir, tant mon appétit me semble disproportionné. Je maudis, par contre, le grand miroir du salon qui m’arrache un cri d’horreur, lorsque j’aperçois l’indicible et inhumain attelage qui s’y reflète…

Il semble, cinq mois après, que la «chose» se soit stabilisé en taille et en poids. Le battement de cœur, lui, redouble d’intensité et emplit la pièce de sa lente pulsation. J’ai brisé le miroir d’un adroit lancer de tisonnier. Ma raison ne supportait plus le moindre reflet de ma déchéance.

Sixième mois. Je ne me l’explique pas, j’ai perdu l’usage de la parole… Quelle importance ? Mon téléphone ne marche plus depuis des années et le voisin le plus proche est à une centaine de kilomètres… Je ne bouge presque plus de mon fauteuil-brouette…

Septième mois. «Nous» avons épuisé mes réserves de nourriture. Je trie les reliefs de repas précédents, au milieu de mes excréments, près de la cheminée froide. Au bout de trois jours, cela ne suffit plus, «nous» avons faim. 

Je prends la décision de sortir…

Me voilà, sur la route déserte de cette campagne, que j’ai soigneusement choisie pour son isolement total, poussant devant moi une brouette J’en ai dissimulé le «chargement» avec une toile cirée, grossièrement attachée au dessus de ma taille. 

Je ne sais où aller…

Au bout de trois heures de marche épuisante, rythmée par les battements de «cœur» de mon «passager», il me semble entendre quelque chose, un couinement, plus loin sur la route. J’ai pris la précaution d’emporter le tisonnier et le place à portée de main devant moi. Puis, j’avance vers le bruit… 

Quand je vois enfin ce qui le produit, mon sang se glace…

Dans le contre-jour du soleil couchant, un homme courbé en avant, vient à ma rencontre…

Il semble pousser quelque chose devant lui…

N’être comptable de rien…

Debon 120810. Août 2010. Acrylique noire, encre de Chine blanche, pinceau, plume et frottage.
Foutre, foutre et re-foutre encore.
Ejaculer les secondes du temps qui passe.
N’être comptable de rien.
Attendre lâchement qu’à ma seule attention, un rayon de soleil souligne la beauté de ce monde.
Et en jouir.

Debon 120810. Août 2010. Acrylique noire, encre de Chine blanche, pinceau, plume et frottage.

Foutre, foutre et re-foutre encore.

Ejaculer les secondes du temps qui passe.

N’être comptable de rien.

Attendre lâchement qu’à ma seule attention, un rayon de soleil souligne la beauté de ce monde.

Et en jouir.

Non, mon Mac ne tourne pas au ralenti !

Debon 060411. Avril 2011. Craie graphite noire.
Ce fol espoir qu’une communion psychique avec mon environnement pourrait apporter une reposante transparence à ce corps si épais…

Debon 060411. Avril 2011. Craie graphite noire.

Ce fol espoir qu’une communion psychique avec mon environnement pourrait apporter une reposante transparence à ce corps si épais…